Archives de catégorie : Actualités

Le master Lascala recherche des propositions de stages de fin de master

Le master Erasmus Mundus Lascala (Large Scale Accelerators and Lasers) recherche des propositions de stages de longue durée (5 à 6 mois) à proposer à ses étudiants de deuxième année de master.

La vingtaine d’étudiants concernés ont effectués des travaux pratiques et cours à Frascati (Italie), Lund (Suède) et réaliseront un dernier semestre à Paris-Saclay.

Pour tout dépôt de proposition ou pour des informations supplémentaires, vous pouvez vous adresser à Sophie Kazamias (sophie.kazamias@university-paris-saclay.fr).

Lascala master program / Programme du master Lascala

The Erasmus Mundus Lascala (Large Scale Accelerators and Lasers) master program is looking for proposals for long-term internships (5 to 6 months) to be offered to its second year master students.

The twenty students concerned have carried out practical work and courses in Frascati (Italy), Lund (Sweden) and will carry out a final semester in Paris-Saclay.

To submit a proposal or for further information, please contact Sophie Kazamias (sophie.kazamias@university-paris-saclay.fr).

Le Prix Laclare 2022 est décerné à David Longuevergne

David Longuevergne, lauréat du prix Jean-Louis Laclare 2022

Le 14ème prix de spécialité accélérateurs Jean-Louis Laclare est décerné à David Longuevergne.

David Longuevergne travaille au sein du Laboratoire de Physique des Deux Infinis Irène Joliot-Curie (IJCLab) à Orsay, dans le domaine de la Supraconductivité en régime RadioFréquence (SRF).

Après avoir soutenu sa thèse à l’Institut de Physique Nucléaire d’Orsay (IPNO) en 2009 sur le sujet « Study and test of a superconducting accelerating module for Spiral2 Project », il a effectué un post-doctorat sous la supervision de R. E. Laxdal à TRIUMF (laboratoire national canadien pour la recherche en physique nucléaire et en physique des particules) pendant deux années durant lesquelles il a apporté son expertise des linacs supraconducteurs pour le développement de l’activité 1,3 GHz du projet E-Linac. À présent physicien de l’IJCLab, il est coordinateur national de l’IN2P3 pour les activités SRF et est impliqué dans de nombreux projets autour de cette thématique de première importance pour les accélérateurs actuels et futurs.

Outre ses résultats scientifiques remarquables sur les cavités accélératrices supraconductrices, tels que le modèle de dégradation du facteur qualité des cavités accélératrices, utilisé pour les qualifications des cavités dans le cadre des projets SPIRAL2, ESS, MYRRHA, le développement des systèmes de pistons d’accord mobiles des cavités de SPIRAL2, ses études sur le polissage des cavités, le jury a fortement apprécié son implication au niveau international en tant que Project Leader à la contribution CNRS au projet PIP II de FermiLab, programme de grande importance pour l’IN2P3, ainsi que sa participation à la Commission Technique de la Tesla Technology Collaboration (TTC) depuis 2019. Cela témoigne de la grande reconnaissance internationale qu’il a atteinte dans le domaine des cavités accélératrices supraconductrices. Il est de plus membre du panel d’experts « High Gradient Acceleration » pour la définition de la feuille de route Européenne pour la Physique des Particules.

David Longuevergne est enfin acteur de la transmission de ses connaissances, impliqué dans l’enseignement de l’Ecole doctorale PHENIICS (cours et travaux pratiques sur la supraconductivité et la cryogénie), et à la MYRTE Accelerator School sur la Supraconductivité en régime RF et en tant qu’encadrant de doctorants et de post- doctorants.

La richesse de ce parcours, l’expertise de très haut niveau dont il fait preuve dans le domaine de la supraconductivité en régime RF, attestée par son implication actuelle dans un projet international d’envergure (PIP II), l’apport de son travail au déploiement de SPIRAL2, et aux avancées de l’ESS et MYRRHA, ont conduit le jury à lui décerner le 14ème Prix Jean-Louis Laclare.

Le premier accessit est par ailleurs décerné à Mathieu Valléau.

Mathieu Valléau travaille au Synchrotron SOLEIL dans le domaine des onduleurs cryogéniques, dans lequel il a fait preuve d’excellence en apportant de nombreuses innovations essentielles pour notre communauté.

Mathieu Valléau, premier accessit

Il est, au fil des ans, devenu incontournable dans cette spécialité dont il fait profiter non seulement SOLEIL mais aussi d’autres laboratoires dans le monde, par le biais de collaborations fructueuses : avec le Paul Scherrer Institute (PSI) en Suisse dans laquelle il a fait évoluer les nouvelles sondes à effet Hall pour onduleurs de faible entrefer, avec MAX IV en Suède pour la fabrication d’un onduleur cryogénique de 3 m de long et d’entrefer 3 mm, ou encore dans le cadre de sa responsabilité du Work Package « Short Period High Field Undulators » et de sa co-responsabilité du Work Package « Cryogenic APPLE Undulator », dans le consortium LEAPS – League of European Accelerator-based Photon Sources.

Le jury a tenu à souligner le parcours exemplaire de Mathieu Valléau qui a fait preuve d’une ténacité et d’un engagement remarquables, lui permettant, suite à son diplôme initial de DUT, de gravir avec succès tous les échelons vers cette reconnaissance internationale.

I.FAST: Programme d’échanges académie-industrie

Le projet européen I.FAST (Innovation Fostering in Accelerator Science and Technology) ouvre des subventions pour financer des échanges de connaissances et d’expertises entre les laboratoires et les industries.

Les techniciens et ingénieurs des entreprises industrielles développant des composants pour les accélérateurs et les aimants auront la possibilité de visiter un ou plusieurs laboratoires membres du projet I.FAST. Similairement des scientifiques, ingénieurs ou techniciens des laboratoires pourront visiter un ou plusieurs industriels.

La subvention peut s’élever jusqu’à 7000 € pour couvrir les salaires, frais de voyage et de subsistence des ingénieurs et techniciens lors de leurs visites.

La date limite de candidature est fixée au 30 septembre 2022.

Toutes les informations peuvent être trouvées sur la page dédiée du site web d’I.FAST ci-dessous.

Les accélérateurs, l’Homme et l’univers

Dans son nouveau livre Les accélérateurs, l’homme et l’univers Phu Anh Phi NGHIEM, physicien au CEA, nous invite à découvrir le fonctionnement des accélérateurs de particules, machines devenues des éléments clés du développement scientifique des États.

Au fil du temps ils ont trouvé de nombreuses applications pour étudier des matériaux, fabriquer des composants électroniques, guérir des maladies…

Utilisés pour l’étude des lois de la physique, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, l’étude du fonctionnement de ces machines hors-normes nous amène aussi à réfléchir à la place de l’être humain dans l’univers.

Le livre est disponible sur la boutique en ligne d’EDP Sciences, en format papier ou électronique.

Conférence : le Futur Collisionneur Circulaire, présentation à la communauté

Une première présentation du projet de Futur Collisionneur Circulaire, étudié dans le cadre de la stratégie européenne pour la physique des particules, est organisé sous l’égide de la Société Française de Physique.

Les objectifs et défis de ce futur accélérateur seront présentés pour la première fois à l’ensemble de la communauté des physiciennes et physiciens, le jeudi 2 juin à partir de 19h à l’amphithéâtre Farabeuf, Campus des Cordeliers, 15 rue de l’École de Médecine à Paris.

Plus d’informations sur le programme et l’inscription à l’événement sont disponibles dans le lien ci-dessous.

Conférence : Des accélérateurs de particules pour la recherche et le développement durable

L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) organise sa première conférence internationale sur les applications des accélérateurs de particules pour la recherche, les applications et le développement durable.

Cette conférence vise à présenter et promouvoir les applications des accélérateurs dans des domaines variés comme la biologie, la science des matériaux, les applications environnementales, la lutte contre le changement climatique…

Elle mettra aussi en avant les enseignements tirés des programmes de formations se basant sur les accélérateurs, des programmes d’accès utilisateurs ou de l’exploitation des installations. Les bénéfices socio-économiques obtenus grâce aux accélérateurs seront également exposés.

Dates et informations supplémentaires

La conférence se tiendra du 23 au 27 mai 2022 au siège de l’AIEA à Vienne.
Une connexion à distance sera aussi proposée.

Plus d’informations sont disponibles sur la page web de l’événement iaea.org/events/accconf22 et sur sa page Indico conferences.iaea.org/event/264

Comment les accélérateurs peuvent-ils contribuer face aux défis environnementaux ?

Le projet I.FAST, qui inclut 49 partenaires européens, lance un défi collaboratifs aux étudiants de master : il s’agira durant dix jours de trouver des solutions innovantes pour utiliser les accélérateurs de particules face aux enjeux environnementaux.

Dix jours de challenge en équipe

Pendant 9 jours des étudiants de différentes disciplines se réuniront au sein de l’ESI à Archamps, près du CERN pour réfléchir en plusieurs équipes et élaborer leur solution au problème posé.

Des séminaires sur les accélérateurs de particules et sur les défis environnementaux seront proposés pour mieux cerner les enjeux.

Le dixième jour les différentes équipes présenteront leurs travaux au CERN devant un jury d’experts et auront l’occasion de visiter les installations.

La date limite pour le dépôt des candidatures est le 14 février.

Michel Billardon 1933-2021

Nous avons appris le décès de Michel Billardon, pionnier français des lasers à électrons libres. Nous transmettons ici deux hommages de la part de ses collègues.

« Il partageait ses idées, son savoir, sa rigueur et ses compétences de physicien complet avec toute l’équipe »

Nous avons l’immense tristesse de vous faire part du récent décès de Michel Billardon. Il fut un pionnier du laser à électrons libres en France et dans le monde.

Une partie de l’équipe LEL d’ACO. De gauche à droite : P. Marin, M. Velghe, C. Bazin, M. Billardon, et assis : J.-M Ortega et Y. Forge.

En 1977, après avoir proposé le concept de laser à électrons libres (LEL) en 1971, J. M. J. Madey et son équipe obtiennent la première réalisation expérimentale d’un tel système en 1977 avec une émission dans l’infra-rouge à Stanford. À l’époque, beaucoup d’espoir étant mis dans les accélérateurs à recirculation de faible dispersion en énergie, il se tourne alors vers ACO en France pour faire une démonstration sur anneaux de stockage. Yves Farge et Yves Petroff montent une équipe avec Michel Billardon venant de l’ESPCI, Jean-Michel Ortéga, Michel Velghe du LPPM, Pascal Elleaume du CEA, Claude Bazin et Michel Bergher du LURE, ainsi que D. Deacon et K. Robinson de l’équipe de J. M. J. Madey. Six ans plus tard, en 1983, fut obtenu le second laser à électrons libres [1] au monde, sur ACO émettant dans le visible, un résultat attendu par toute la communauté. La contribution de Michel, opticien et physicien hors pair, fut majeure dans ce succès.

Ensuite, les extensions des performances de la source se sont enchaînées, avec la génération d’harmoniques cohérentes dans l’UV et le VUV tandis que l’équipe s’agrandissait avec la venue des doctorants Marie-Emmanuelle Couprie et Rui Prazéres. Les développements se sont ensuite poursuivis sur le laser à électrons libres de Super-ACO dès 1987. Michel aura largement défriché une physique nouvelle qui se laissait découvrir : dynamique non-linéaire complexe, régimes chaotiques, modes transverses, stabilisation temporelle longitudinale, développement et caractérisation optique complète de miroirs multi-couches UV aux performances ultimes en collaboration avec Claude Boccara à l’ESPCI. Ces développements ont conduit aux premières expériences d’utilisation du LEL UV pour des expériences résolues en temps à l’échelle sub-ns en biologie avec Fabienne Mérola, puis en physique des surfaces avec Amina Taleb-Ibrahimi et Marino Marsi, Laurent Nahon, et les étudiants David Garzella et Toru Hara.

Pendant les longues nuits de manipes au LURE, Michel, bière à la main et cigarette aux lèvres, partageait ses idées, son savoir, sa rigueur et ses compétences de physicien complet avec toute l’équipe qui s’agrandissait. Ses résultats pionniers ont été récompensés par le prix Free Electron Laser en 2001 partagé avec Jean-Michel Ortéga et Marie-Emmanuelle Couprie. Michel nous laisse en héritage son travail de pionnier, mélange d’équations élégantes, de simulations numériques, et d’expériences d’optique et de physique des lasers et des accélérateurs. Il aura largement contribué à l’essor des LELs en général, dont la version sur LINAC est désormais un outil incontournable pour l’exploration de la matière soumise à des impulsions VUV/X à haute intensité et ultra-courtes, parfaitement complémentaire du rayonnement synchrotron sur anneau de stockage.

Marie-Emmanuelle Couprie, Laurent Nahon, Amina Taleb, Jean-Michel Ortéga

[1] M. Billardon, P. Elleaume, J.-M. Ortega, C. Bazin, M. Bergher, M. Velghe… et J. M. J Madey, First operation of a storage-ring free-electron laser. Physical Review Letters, 51(18), 1652 (1983).

« Michel a développé, au Laboratoire d’Optique de l’ESPCI, des outils nouveaux, aux performances exceptionnelles »

Nous venons d’apprendre le décès de notre collègue et ami Michel Billardon. Michel, qui a poursuivi toute sa carrière au CNRS, était un physicien accompli, aussi aimerions nous ici rappeler quelques-unes de ses contributions scientifiques.

Marie-Emmanuelle Couprie et Michel Billardon

C’est dans le domaine de la lumière polarisée que Michel a développé, au Laboratoire d’Optique de l’ESPCI, des outils nouveaux, aux performances exceptionnelles, qui ont permis de réaliser des études spectroscopiques de matériaux anisotropes ou soumis à des champs extérieurs (champs magnétiques, champs de contraintes). Avec Jacques Badoz ils ont réalisé des mesures limitées par la physique (bruit shot) comme des pouvoirs rotatoires de 10-4 degrés ou des dichroïsmes circulaires de 10-6. Les instruments associés ont connu des développements industriels importants à une époque où le transfert Recherche-Industrie se pratiquait peu.

Puis est venue une période LASER pendant laquelle Michel a exploré les possibilités offertes par l’utilisation des centres colorés, mais la contribution qui a le plus marqué le domaine est celle qui a été menée dans le cadre du laser à électrons libres. Sous l’impulsion de Yves Farge et avec Michel Ortéga, Michel Billardon a mis au point des onduleurs permettant, par émission spontanée, la concentration spatiale de l’émission du rayonnement synchrotron. Quelques temps après le premier laser à électrons libres fonctionnant dans le visible a vu le jour, puis, avec Marie-Emmanuelle Couprie ils ont ouvert la voie à une génération nouvelle de lasers UV sur anneaux de stockage .

Ajoutons que la rigueur de Michel, son habileté expérimentale, sa maîtrise des outils mathématiques et informatiques ont été précieux pour les nombreux doctorants qu’il a encadrés.

Claude Boccara , Bernard Briat et François Ramaz, le 4 janvier 2022